L’EXPRESSION DU JOUR : TOME 1

L’EXPRESSION DU JOUR

TOME 1

« L’EXPRESSION DU JOUR »  est une éphéméride linguistique que nous avons mis sur pieds afin d’affuter notre maîtrise des expressions françaises et anglaises. Le seul moyen d’assurer et de pérenniser cette fin consiste à publier une expression chaque jour sur la page Facebook, Cabinet Linguistique La Perfection. Nous allons vous servir toutes les expressions que nous avons partagées pendant le mois de janvier.

Redorer son blason

Cette expression dénote, le fait pour quelqu’un jouissant d’une mauvaise réputation de faire une bonne action afin d’améliorer son image auprès des autres. C’est encore, remonter socialement ; donner une meilleure image de soi, améliorer sa réputation, regagner en crédit. En anglais : restaure one’s image.

Lorsqu’une famille noble décidait de marier l’une de ses filles à un roturier excessivement riche, elle redorait son blason en cumulant la fortune du roturier à ses titres de noblesse. On peut aussi dire redresser la situation.

Aller vite en besogne

C’est le fait de vouloir brûler les étapes, avec tous les risques que cela comporte. C’est être expéditif ou agir précipitamment. Il s’agit d’aller trop vite et de conclure trop rapidement. En anglais : jump the gun, rush things ou encore being too quick off the mark.

La besogne désigne une tâche ou un ensemble de tâches, souvent peu réjouissantes, que l’on s’impose ou qui nous sont imposées. Le fait d’aller vite en besogne pourrait ainsi désigner le fait de se hâter à effectuer ses besognes au plus vite afin de pouvoir s’en débarrasser dès que possible.

Prendre la poudre d’escampette

Cette expression veut dire, s’enfuir, se sauver, décamper ou déguerpir. En anglais : take to one’s heels, disappear, flee ou take the high road.

Le mot escampette provient de : prendre l’escampe, lui-même certainement issu de l’occitan escamper qui signifiait se sauver. De plus, l’expression sous-entend également la notion de poudre (poussière), que nos pieds soulèvent lorsque l’on s’enfuit. Escampette vient de l’ancien verbe escamper (de l’Italien scampare) qui, dans un registre familier, signifie décamper, prendre la fuite, partir sans dire adieu.

Vendre la mèche

C’est trahir un secret. Il s’agit de révéler ce qui aurait dû rester secret. En anglais : let the cat out of the bag ou to blab.

Cette expression est née au milieu du XIXe siècle, par croisement avec « éventer la mèche » (fin du XVIe siècle). Celle-ci provient du langage militaire où l’on perçait la mine afin d’en laisser la mèche à l’air libre et la faire exploser. Par extension, cette expression a pris le sens de « divulguer un complot ». Enfin, elle s’est ensuite transformée en « vendre la mèche », le verbe « vendre » étant à comprendre dans le sens de « trahir ».

Prendre pour argent comptant

Il s’agit de prendre des dires, des informations pour vrais sans se poser de questions. Croire naïvement ce qui est dit sans se poser de question. En anglais : take at face value ou take as read.

Cette expression est une évolution d’une autre expression du XVIe siècle « prendre pour argent conté » ; conté étant à prendre dans le sens de compté. Argent comptant étant ainsi l’argent compté et versé, que l’on peut vérifier.

Mettre le cap sur



           
Dans cette locution, le cap représente la proue, l’avant du navire. Il s’agit pour un navire et un bateau de se diriger vers une destination. C’est aussi, aller et prendre une direction, par extension. En anglais : set course for, move towards ou encore focus on.

Croquer la pomme

Cela renvoie au fait de succomber ou de céder à la tentation. En anglais : falling into temptation, being lured ou given in to enticement.

Référence à la Genèse dans laquelle Ève croque le fruit défendu de l’arbre de la connaissance, qu’on considère souvent être une pomme. C’est pris comme une allégorie du péché de connaissance, mais aussi de luxure.

Prendre quelque chose au tragique

Cela consiste à dramatiser quelque chose, la considérer comme pire alors qu’il en est rien de façon réelle. En anglais : dramatize, exaggerate ou overreact.

« Tragique » est un terme qui relève à l’origine du domaine littéraire: il s’agit de ce qui appartient en propre à la tragédie, par opposition à la comédie. Par extension, le tragique est ce qui est marqué par la catastrophe, le désastre. « Prendre quelque chose au tragique » revient donc à noircir la situation, à la dramatiser.

Tirer le diable par la queue

Cette expression remonte au XVIIème siècle et signifie avoir de la peine à trouver de quoi vivre, ou plus simplement vivre avec des ressources insuffisantes ou même vivre dans la précarité. En anglais : struggle financially or face challenges to meet one’s financial needs.

Cette expression françaisea connu plusieurs explications et origines : selon certains, c’est l’histoire de l’homme misérable faisant appel audiablepour le sortir de lamisèrequi se détourne de lui. L’humain pour retenir le démon et l’implorer le retient par la queue.

Discuter sur le sexe des anges

Il s’agit de débattre sur des questions futiles occultant un problème plus important. En anglais : talk about the sex of angels.

Cette expression fait référence à un événement historique bien précis, à savoir le siège de Constantinople le 29 mai 1453. Alors que les forces turques s’apprêtaient à entrer dans la ville, les religieux byzantins étaient occupés à discuter de la question théologique du sexe des anges, facilitant la prise de Constantinople. Cet épisode a également donné naissance à l’expression querelle byzantine.

Filer à l’anglaise

Cette expression veut dire, partir sans dire au revoir, sans se faire remarquer.

L’origine de cette expression n’est pas certaine. Il peut s’agir d’une vengeance relativement récente vis-à-vis du peuple d’Outre-Manche qui utilise l’expression « to take French leave » (filer à la française) pour signifier la même chose. Il peut aussi s’agir d’une déformation orale du mot anguille. Parmi d’autres explications, au XVIe siècle, un créancier était appelé un Anglais, et on imagine bien le débiteur filer à l’anglaise lorsque son créancier «préféré» était dans les parages.

Vouer aux gémonies

Cette expression signifie, accabler quelqu’un, lui faire de violents reproches ou l’humilier publiquement, livrer quelqu’un au mépris public ou le couvrir de honte. En anglais : haul someone over the coals, hold up to public obloquy ou subject to public opprobrium.

Bien qu’elle soit basée sur une histoire très ancienne, cette expression n’est attestée qu’au début du XIXème siècle chez Lamartine.

Être marqué au fer rouge

Cela signifie être traumatisé par un événement. En anglais : be stigmatised due to an event.

Dans l’Antiquité Romaine, les condamnés étaient marqués sur le front avec un fer rougi pour qu’ils gardent la trace de leur crime à vie et que celle-ci soit visible de tous. Ensuite, ils furent marqués sur les jambes ou les mains. Sous l’Ancien Régime, la trace représentait une fleur de lys, qui fut ensuite remplacée par des lettres. Ainsi, on utilisait le V pour « voleurs », GAL pour « galérien », TP pour « travaux forcés à vie », T pour les condamnés dans un temps limité et le F pour les faussaires. Sous l’Empire, le marquage était effectué en public, offrant un véritable « spectacle » à la foule. Ce type de peine fut aboli en 1791, pour être rétabli sous l’Empire en 1806 et enfin être aboli définitivement en 1832. Les animaux eux aussi connaissaient le fer rouge, avant qu’il ne soit remplacé par un système d’étiquette percée sur leurs oreilles. C’est en référence à la souffrance endurée lors du marquage et des séquelles psychologiques que celui-ci laissait que l’on utilise aujourd’hui cette expression.

Faire table rase

 

Cette expression renvoie à considérer comme nulles et rejeter en bloc des idées de conduite adoptées précédemment ou à reprendre à zéro une procédure de recherche de quelque chose (explication, solution, criminel…). En anglais : do away with something, make a complete break ou go back to the drawing board.
                        La notion de « table rase » nous vient du latin « tabula rasa » qui désignait une tablette de cire vierge, sans aucune inscription ; Aristote en a fait une métaphore pour représenter l’âme à sa naissance, vierge de toute connaissance et de toute idée. On retrouvera cette image du support vierge sur lequel rien n’est encore écrit au XVIIe siècle en philosophie. L’expression faire table rase, elle, date bien du XIXème siècle. Elle reprend l’idée de la virginité, mais volontairement provoquée : on efface, on oublie tout ce qui existe, ce qui a déjà servi et on repart de zéro, sur de nouvelles bases. On peut aisément imaginer la table de travail encombrée des documents qui ont inutilement servi à avancer dans des directions sans réelle issue, table que, d’un mouvement du bras, on débarrasse de tout ce qui la jonche (la table devient rase) pour tenter de repartir avec de nouvelles hypothèses, dans de nouvelles directions.

Le petit EFA
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Publié par Essoh François Aristide

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.

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