Ce qui me hérisse le poil le plus souvent, c’est la désinvolture des traducteurs de l’anglais vers le français. Un exemple récurrent :
« A police officer » est traduit le plus souvent par « un officier de police ». Or, si en anglais le terme « police officer » désigne un agent de police, un gardien de la paix (officer étant une personne qui est titulaire d’un emploi dans l’administration, d’un bureau, d’un office). En français, le terme « officier de police » désigne exclusivement une personne qui fait partie du corps de commandement de la police. Un officier de police est un lieutenant de police, un capitaine de police ou un commandant de police. Au-dessus du corps des officiers de police se trouve le corps de conception et de direction (commissaire de police, commissaire divisionnaire, commissaire général). Au-dessous se trouve le corps d’encadrement et d’application (gardien de la paix, brigadier, brigadier-chef, major).
Ainsi on ne peut pas écrire : « une patrouille d’officiers de police… », car il serait bien étonnant que la patrouille soit constituée de lieutenants, de capitaines et de commandants.
À noter que cette hiérarchie est la hiérarchie administrative (ministère de l’Intérieur), mais la police est soumise à une double hiérarchie (administrative et judiciaire) dans laquelle il n’existe que trois grades (ou plutôt qualités) : agent de police judiciaire adjoint, agent de police judiciaire et officier de police judiciaire. La qualité d’officier de police judiciaire s’obtient par une « habilitation » nominale du parquet. Elle est territoriale et peut être retirée. Par exemple, un commandant de police, officier de police, a la qualité d’agent de police judiciaire s’il n’a pas l’habilitation d’officier de police judiciaire et en sens inverse un brigadier de police, qui n’est donc pas officier de police, peut être officier de police judiciaire.
Les officiers de police judiciaire sont évalués (notés) par le parquet en plus de leur évaluation administrative.
Jean-Gwénolé Becam
